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2007– 15
Note de synthèse : Sociologie et formation

Lire les résumés
des articles de recherche

Éditorial
Note de synthèse
Cédric Frétigné et Emmanuel de Lescure – Sociologie et formation en France
Rebonds
Frédéric Neyrat – Quelle reconnaissance pour la formation ?
Catherine Agulhon – De l’éducation des adultes à la formation professionnelle continue
Bernard Masingue – D’autres frontières pour la sociologie de la formation ?
Claude Dubar – Qu’est-ce qu’un objet « dominé » et qu’un champ légitime en sociologie ?
Cédric Frétigné et Emmanuel de Lescure – Réponse aux Rebonds
Articles de recherche
Emmanuelle Brossais  et André Terrisse – Rapport au savoir et mémoire professionnel de l'enseignant-stagiaire en lettres : trois études de cas à l'IUFM Midi-Pyrénées
Philippe Dautrey – Économie de la connaissance, post-fordisme et savoirs occupationnels en Espagne : une nouvelle donne
Notes de lecture
A. Gonnin-Bolo (dir.) – Parcours professionnels, des métiers pour autrui entre contraintes et plaisir (Sandra Enlart)
A. Agosti – La formazione, interpretazioni pedagogiche e indicazioni operative (Cecilia Mornata)
Vie de la recherche
Les lieux de production de la recherche en formation des adultes :
le laboratoire RIFT de Genève
Thèses
Annonces

Sociologie et formation

Après Histoire de la formation (n° 3, 2003) et Économie et formation (n° 7, 2005), le comité éditorial de la revue Savoirs vous propose, avec ce nouveau numéro « disciplinaire », un point sur les recherches en formation d’adultes qui privilégient l’approche sociologique.

Qu’est-ce que la sociologie peut nous dire aujourd’hui de la formation ? La sociologie est loin d’être monolithique et les sociologues, même s’ils ne sont pas si nombreux à prendre la formation comme centre d’intérêt majeur de leurs recherches, adoptent sur le thème des angles d’attaque fort différents. Les auteurs de la note de synthèse ont donc choisi – à juste titre nous a-t-il semblé – de privilégier un axe majeur de la recherche sociologique, celui des inégalités d’accès et d’effet de la formation et de le travailler à fond. La synthèse que Cédric Frétigné et Emmanuel de Lescure soumettent à votre réflexion présente donc un panorama des recherches françaises qui ont traité du sujet sur les quarante dernières années et propose un état de la réflexion, aujourd’hui, sur ces mêmes questions renouvelées. Ils ont auparavant pris soin de resituer ce thème dans un ensemble vaste de la production sociologique. Saluons au passage une de leurs performances, et non des moindres, celle de réussir un duo dans le cadre de cet exercice, ô combien difficile, que représente l’écriture d’une note de synthèse.
Les rebonds à cette note, par quatre auteurs différents, reprennent en écho cette question de l’objet de recherche pour la sociologie que constitue la formation : objet dominé ? Légitime ? Reconnu ? Suffisamment travaillé ? Ce faisant, ils interrogent davantage la discipline sociologique et les conditions de la production de recherches que la prédominance des thèmes étudiés par les sociologues, celle des inégalités d’accès, d’effets ou, selon les glissements actuels, d’appétence pour la formation.

On sait que ces mêmes questions agitent les chercheurs ailleurs que dans l’hexagone et que les mêmes tendances sont observées dans la plupart des pays occidentaux. Il aurait été, certes, très satisfaisant d’avoir un aperçu de la manière dont d’autres sociologues recueillent et analysent les données dans leur propre pays. Mais ici tout est à faire et la friche est immense. Une approche comparative de ces questions nécessiterait que des traductions soient disponibles sur ces sujets – ce qui est loin d’être le cas – ou bien alors que des auteurs puissent lire et rendre compte d’une littérature multilingue, en tenant compte de contextes historiques, culturels, institutionnels et politiques à chaque fois différents. Nous convenons toutefois qu’il faudra bien, un jour, s’attaquer sérieusement à ce problème.

Ce thème des inégalités n’épuise pas l’intérêt des sociologues, même francophones, pour la formation d’adultes et rendez-vous est déjà pris pour un prochain numéro de Savoirs qui fera une place plus importante aux approches sociologiques privilégiant les questions d’organisation et de culture d’entreprise. D’autres thèmes encore pourront être dégagés dans l’avenir, par exemple autour d’une sociologie plus clinique, accordant aux sujets qui se forment, à leurs trajectoires et/ou à leurs dynamiques identitaires une position centrale. C’est dire si nous avons encore de quoi étoffer ce thème générique de sociologie et formation.

Le numéro se poursuit ensuite par deux articles de recherche. Philippe Dautrey décrit comment des savoirs professionnels de type occupationnels deviennent une préoccupation majeure dans le cadre de la nouvelle économie de la connaissance en Espagne. Emmanuelle Brossais et André Terrisse s’intéressent, quant à eux, à la façon dont les professeurs-stagiaires vivent leur formation et s’approprient le savoir à travers leur mémoire professionnel.

Auteurs dans ce numéro : Catherine Agulhon, Emmanuelle Brossais, Philippe Dautrey, Claude Dubar, Cédric Frétigné, Emmanuel de Lescure, Bernard Masingue, Frédéric Neyrat, André Terrisse